Le retour du jet d'eau

Aller en bas

Le retour du jet d'eau

Message par Jack le Mer 11 Nov 2009 - 13:48

Prologue :

........Un vent glacial balaya l'immeuble présidentiel, un vent encore plus glacial qu'à l'accoutumée... Une brise d'outre-tombe qui fit frémir les personnes se trouvant sur son chemin et leur fit rajuster leurs chauds vêtements, faisant accélérer les passants dans la rue. Le souffle morbide contourna les arrêtes et les vitres fermées pour s'insinuer dans une pièce bien particulière, faisant s'agiter un rideau comme la cape d'un fantôme de Trèfle.

Satisfait de son effet, Jack mit progressivement un terme à cette surnaturelle ventilation, et rajusta son costume. Progressivement, ses traits se brouillèrent, les contours de son corps se firent flou, puis il y eut un flash aveuglant avec juste ce qu'il fallait d'étincelles et de paillettes.

Le premier ministre pique franchit alors la porte de sa chambre et commença à descendre les couloirs, la marque de chacun de ses pas restant bien visible derrière lui sous la forme d'une incrustation de givre. Il était l'heure de rappeler à certains où était le pouvoir ici.



- 211 221, Jour des Jokers.

Tout a été très soudain.

Le sénateur Wilkinson venait de terminer son discours sur l'identité nationale et la reprise du conflit, sous un tonnerre d'applaudissement. Le président du Conseil s'apprêtait à lancer le vote. Son index se dressait dans les airs, à quelques centimètres du bouton qui allait activer les boîtiers transcom sécurisés des sénateurs.

Puis ledit index se figea.

Et se mit à trembler.

La bouche du président s'ouvrit et une série de mot s'échappèrent de ses lèvres d'une voix hésitante :

"Que... que signifie cette intrusion ?"

Les têtes se tournèrent vers la porte.

Un voix cria : "Feu !!!"

Et alors l'enfer se déchaîna.

Des rais ambre et argent surgirent en masse du fond de la salle et transpercèrent l'infortuné président. Puis les soldats entrèrent et ouvrirent un feu nourri sur le reste du Conseil. Les canons à plasma pulsés crépitèrent et vrombirent, creusant des trous de la taille d'un poing dans la chair, dont le bord était atrocement calciné. Bientôt, le "combat" entre soldats lourdement armés et sénateurs était terminé, et l'ensemble du personnel de la salle n'existait plus que sous la forme d'un tas de chair fumante.

A l'exception d'une personne.

"Laissez-le moi !", dit cette même voix qui avait ordonné le massacre, "Je vais m'en occuper moi-même...". Et les soldats se retirèrent. L'homme entra ensuite dans le champ de la caméra de surveillance et je le reconnus en retenant mon souffle : le premier ministre Venom'el !

"Alors c'est comme ça que ça finit...", murmura le sénateur Wilkinson. "Je savais que c'était une erreur de vous faire confiance. Vos réactions au retour du champ de bataille n'étaient pas normales. Cette guerre vous aura rendu fou."
"C'est vous qui êtes fou !", murmura Venom'el. "Cette guerre était une erreur depuis le début, elle aurait consumé nos deux continents dans un mélange de feu nucléaire et de feu draconique. Je reste persuadé que les Métissés avaient une raison d'agir suffisamment pressante pour leur faire perdre toute logique. Jeter de l'huile sur le feu pour attiser le conflit c'est se condamner soi-même. Sauf si vous aviez l'intention de quitter le pays bientôt..."
"Ce raisonnement ne vous ressemble pas. Pas autant que votre décision de provoquer un massacre pour asseoir votre vision des faits."
"Mon pouvoir était trop contesté pour pouvoir l'asseoir à nouveau après mon absence récente. Regardez un peu, vous en étiez arrivé à nommer ce bleu de Timmins comme président du Conseil plutôt que de venir me chercher ! Et de toutes façons, l'essentiel du peuple pique n'a plus aucun intérêt pour la politique, occupé comme il est à reconstruire sa maison, entre une dictature et une démocratie il choisira la dictature si elle lui propose plus de crédit logement !"
"Votre connaissance de la politique a bien évolué, ministre. Mais dites-moi une chose : que vous est-il arrivé sur ce champ de bataille qui ait pu vous changer à ce point ?"

Alors l'image se flouta, puis en lieu et place de Venom'el je vis un enfant aux cheveux noirs dont les traits ne me disait rien, considéré par le sénateur Wilkinson avec incrédulité.
"Ce qui s'est passé, c'est que votre ministre est mort.", dit le petit garçon d'une voix sussurante. Puis le sénateur explosa. Littéralement. Des morceaux de chair brûlée volèrent en tout sens sous mon regard horrifié. C'est alors que l'enfant tourna son regard perçant vers la caméra. Vers moi. Et sourit.

L'image devint noire.

Je stocke un enregistrement vidéo et ce récit dans ce mémodisque en espérant que l'on ne le trouve pas. Je sais qu'il va venir dans cette salle de surveillance. Je dois vite finir de stocker ce qu'il faut stocker et partir au plus vite. Je ne sais pas qui il est, ce qu'il est, quel but il poursuit, mais mon devoir est de m'assurer que la vérité soit connue sur ce qui s'est passé ici. Que le peuple se regroupe contre lui. Vous qui tombez en possession de ce disque, je vous en prie transmettez-en des copies à tous les médias que vous pourrez trouver. C'est notre seul espoir.



Jack ramassa le disque sur le corps ensanglanté gisant au sol, et le considéra avec un sourire entendu. Puis le disque se brisa.
avatar
Jack
Joker Gris
Joker Gris

Masculin
Nombre de messages : 177
Age : 27
Localisation : Devant un ordi
Date d'inscription : 23/09/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum